16/04/2004

33. L'inertie dans les soins aux personne âgée.

 

1) plus on avance en âge, plus on a de chances d’être atteint par la maladie.
2) plus on est vieux, plus basse est l’espérance de vie.
A partir de ces deux aphorismes, il est facile d’imaginer pourquoi, face à un patient âgé,   le monde médical est souvent amené à adopter un comportement quasi automatique, caractérisé par une relative inertie et une moindre combativité dans sa prise en charge. Les exemples abondent, qui font état d’une sous-utilisation des ressources médicales potentiellement disponibles dès le franchissement de la barre fatidique des 65 ans...
le diagnostic, la mesure du risque, la prise en charge et son évaluation, la décision thérapeutique et la prise en considération de l’opinion des patients âgés, sont complexes et, partant, trop souvent superficiellement traités.
Il s’y ajoute des facteurs de confusion,  où l’âge lui-même brouille les cartes, changeant les standards de normalité ou les prévalences des maladies.
Face à la complexité, l’être humain a tendance à se réfugier derrière des attitudes simples, pour ne pas dire simplistes, d’où le recours fréquent aux deux postulats mentionnés précédemment, qui permettent d’ignorer la réalité de cette complexité.
Comment obtenir une meilleure évaluation de la condition de la personne âgée qui puisse résulter en un processus décisionnel plus adéquat ?
Tout d’abord par la reconnaissance du problème.
Dans un deuxième temps, il convient de se sensibiliser aux raisons mêmes de ce comportement, dont nous réalisons les errements possibles.

docteur A. F. Junod


Dans certaines de nos maisons d'accueil pour personnes âgées, l'inertie dans les soins et le manque de combativité sont quasi institutionnalisés. Les capacités des personnes âgées y sont trop souvent ignorées ou systématiquement sous-estimées. Dans notre métier de soignants, nous devons perpétuellement nous remettre en question. Ce cheminement, si difficile pour certains, ne s'obtient que dans le dialogue, les échanges, la réflexion. Seule, cette  vraie communication conduira à des changements de comportement radicaux:

Favoriser, au lieu de combattre, le débat d'idées et la remise en question des automatismes de pensée et des pratiques de soins stéréotypés, opération ardue par excellence.

Reconnaître la nécessaire personnalisation des décisions, les adapter à chaque personne (parce que chacun de nous, personne âgée comme soignant, est unique), dans un système qui a tendance à préconiser les mêmes solutions pour tout le monde.  











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