20/04/2004

34. Acharnons-nous pour que l'Homme soit partout respecté!

 
(cliquez sur la photo de soeur Emmanuelle pour l'agrandir).


Soeur Emmanuelle était, ce lundi 19 avril 2004, l'invitée du journal télévisé de 19 heures sur R.T.L. Elle est encore sur la brèche à 96 ans.
De son vrai nom Madeleine Cinquin, elle est née en Belgique, à Bruxelles, le 16 novembre 1908. Alors qu'elle n'a que six ans, elle vit le drame qui affectera toute son enfance : son père se noie sous ses yeux, sur une plage de la mer du Nord. Sa jeunesse se partagera entre Paris, Londres et Bruxelles.
C'est en 1931 qu'elle devient religieuse. D'abord professeur de lettres à Istanbul pendant 28 années, elle l'est ensuite en Turquie et en Tunisie, puis en Egypte.
A l'âge de la retraite, à 63 ans, elle s'établit définitivement au Caire, auprès des chiffonniers de la capitale d'Egypte.
Elle partage leur quotidien, couchant à même le sol chaque nuit pendant 20 ans dans un des plus misérable bidonvilles de la planète.
En 1980, à 74 ans, elle fonde une A.S.B.L. actuellement présente dans neuf pays, dont certains (Burkina Faso, Egypte, Haïti, Soudan, etc.) figurent parmi les plus pauvres de la planète. Dispensaires, écoles, maisons, elle n'a de cesse de construire pour les plus nécessiteux. Son slogan est "agir est à la portée de tous !". Avec énergie et joie de vivre , elle secoue le monde entier pour récupérer les dons. Elle ira jusqu'à se mettre en froid avec l'autorité ecclésiastique à quelques reprises, en demandant à l'Eglise de vendre ses richesses.

En 1993, à 85 ans, elle est obligée de rentrer en France pour raisons de santé. Elle vit dans le Var, où elle s'occupe des S.D.F.
En 2001, soeur Emmanuelle a publié " Richesse de la pauvreté ".
En 2002, celle qu'on a appelé " la chiffonnière du Caire", a été décorée de la Légion d'honneur. Juste distinction d'un parcours exceptionnel pour une femme rebelle contre l'injustice et la misère et qui a donné sa vie aux plus pauvres.

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16/04/2004

33. L'inertie dans les soins aux personne âgée.

 

1) plus on avance en âge, plus on a de chances d’être atteint par la maladie.
2) plus on est vieux, plus basse est l’espérance de vie.
A partir de ces deux aphorismes, il est facile d’imaginer pourquoi, face à un patient âgé,   le monde médical est souvent amené à adopter un comportement quasi automatique, caractérisé par une relative inertie et une moindre combativité dans sa prise en charge. Les exemples abondent, qui font état d’une sous-utilisation des ressources médicales potentiellement disponibles dès le franchissement de la barre fatidique des 65 ans...
le diagnostic, la mesure du risque, la prise en charge et son évaluation, la décision thérapeutique et la prise en considération de l’opinion des patients âgés, sont complexes et, partant, trop souvent superficiellement traités.
Il s’y ajoute des facteurs de confusion,  où l’âge lui-même brouille les cartes, changeant les standards de normalité ou les prévalences des maladies.
Face à la complexité, l’être humain a tendance à se réfugier derrière des attitudes simples, pour ne pas dire simplistes, d’où le recours fréquent aux deux postulats mentionnés précédemment, qui permettent d’ignorer la réalité de cette complexité.
Comment obtenir une meilleure évaluation de la condition de la personne âgée qui puisse résulter en un processus décisionnel plus adéquat ?
Tout d’abord par la reconnaissance du problème.
Dans un deuxième temps, il convient de se sensibiliser aux raisons mêmes de ce comportement, dont nous réalisons les errements possibles.

docteur A. F. Junod


Dans certaines de nos maisons d'accueil pour personnes âgées, l'inertie dans les soins et le manque de combativité sont quasi institutionnalisés. Les capacités des personnes âgées y sont trop souvent ignorées ou systématiquement sous-estimées. Dans notre métier de soignants, nous devons perpétuellement nous remettre en question. Ce cheminement, si difficile pour certains, ne s'obtient que dans le dialogue, les échanges, la réflexion. Seule, cette  vraie communication conduira à des changements de comportement radicaux:

Favoriser, au lieu de combattre, le débat d'idées et la remise en question des automatismes de pensée et des pratiques de soins stéréotypés, opération ardue par excellence.

Reconnaître la nécessaire personnalisation des décisions, les adapter à chaque personne (parce que chacun de nous, personne âgée comme soignant, est unique), dans un système qui a tendance à préconiser les mêmes solutions pour tout le monde.  











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06/04/2004

32. Reconnaissance des personnes âgées.

  


 
En France, un remaniement ministériel a été décidé ce 31 mars 2004, après les récentes élections régionales. Fait inédit, ce gouvernement comprend un ministère des Personnes âgées. Ce ministère est placé sous la tutelle du ministre de la Santé et de la protection sociale.
 
Immédiatement après sa désignation, le nouveau ministre délégué aux Personnes âgées, Hubert Falco, a déclaré :  "c'est une reconnaissance de cette révolution sociale qu'est le vieillissement".









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04/04/2004

31. Regard de la société sur les vieux.

 

 

 

 

 

 

La nuit, tous les vieux sont gris

 

C'est le titre d'un livre. Très bien documenté et argumenté avec beaucoup de finesse et de réflexions, cet ouvrage nous amène à réfléchir et à « Penser la place, réelle et symbolique, que notre société  réserve aux vieux et dénoncer les idées reçues ayant cours sur la vieillesse ».
Un livre sur le regard de la société vers « ses vieux » à lire avec beaucoup d'intérêt. Pour lutter contre l'exclusion insidieuse dont les vieux aujourd'hui sont les victimes, comme pour nous éviter,  quand viendra notre tour, de vivre nos quinze ou vingt dernières années dans la maladie et le rejet.
Les personnes âgées constituent presque qu'un quart de la population française,mais on ne les voit que peu. Ils sont rares dans les lieux publics, quasi-absents des médias, ils ont disparus du monde du travail.
Les démographes les trouvent trop nombreux, les politiques les jugent coûteux et les médecins, relayés par les médias, en dressent un portrait type dominé par les déteriorations et l'Alzheimer.
Que cache cette « maladie d'Alzheimer » dont on ne veut trouver comme responsable qu'un hypothétique gène ?
Et s'il s'agissait en partie d'une pathologie de l'angoisse de mort, dans une société qui la refoule,  d'une pathologie de l'angoisse du vieillissement, dans une société qui le refuse ?

 

 La nuit, tous les vieux sont gris
 auteur :  Jérôme Pellissier
 ( aux Editions Bibliophane - Daniel Radford )

 


 
















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