26/11/2004

63. Jean Bernard ou l’avenir de la médecine.

 

 
 
 âgé de 97 ans, Jean Bernard a publié cette année:
 "Dans la prison que France est devenue". 


Né à Paris, le 26 mai 1907, Jean Bernard devient docteur en médecine en 1936. Pendant la guerre, il dirige un réseau de résistance. Arrêté, il sera incarcéré à la célèbre prison de Fresnes en 1943.
Après la guerre, il sera successivement médecin des hôpitaux (1946), professeur à la faculté de médecine (1949), professeur de cancérologie (1956), membre du Comité de la recherche scientifique (1958), directeur de l’Institut de recherches sur les leucémies et les maladies du sang (1961), président du Comité national d’éthique (1983).


Poète et écrivain, le professeur Jean Bernard est même devenu "immortel", puisqu'il siège à l’Académie française depuis le 15 mai 1975. Il a aussi été membre de l’Académie des sciences et de l'académie de médecine.
Parmi ses dernières publications:
en 2000,  "L’avenir de la médecine",  
en 2001,  "Vieillir",

en 2003,  "Si Hippocrate voyait ça !", 
en 2004,  "Dans la prison que France est devenue". 










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21/11/2004

62. Les Vieux (J.Brel).


Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.



C'est en 1963 que Brel a écrit ce chef-d’œuvre à la fois cruel et lucide sur la la fin de la vie. 

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10/11/2004

61. La grande guerre.


 
Ce 11 novembre, nous commémorons l'armistice de La première guerre mondiale, un des faits les plus importants du XXème siècle. Quatre-vingt-dix ans après le début du conflit, il ne reste que quelques survivants de l'époque... Il est donc difficile de s'imaginer que la "grande guerre " soit encore vivante dans la mémoire des personnes âgées. 
Pourtant, l'empreinte de la Grande Guerre marque beaucoup d'octogénaires qui ont perdu des membres de leur proche famille, parfois un père ou une mère, dans un épouvantable conflit qui a fait plus de 8 millions de victimes.

 
" Trois, voire quatre générations nous séparent de 1914. Or le syndrome de la troisième génération est bien connu. Celle-ci est soudain confrontée à un événement dont le deuil n'est pas terminé, sans doute parce que le principe de commémoration retenu au lendemain de la paix a été à la fois trop lourd et trop bref. L'"héroïsation" des morts empêche le détachement, qui est à la racine du travail de deuil."   Stéphane Audoin-Rouzeau










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