10/03/2005

72. charge de travail des soignants.

 

 

Est-il possible de mesurer la charge de travail des soignants ?

 


Pas du tout certain, d'après une étude française qui a mis en évidence l'extrème difficulté d'évaluer,de prendre en compte voire même de comprendre l'ensemble de cette charge de travail. 

L'étude constate que plus on veut apporter du confort et du bien-être aux personnes soignées, ce qui est l'objectif recherché, plus on se dirige vers un éclatement de l'activité dans les services.

Il en devient dès lors pratiquement impossible de mesurer, et même de classer en catégories distinctes,les nombreuses tâches,toujours fluctuantes, demandées aux soignants.

 

En s’appuyant sur les descriptions effectuées par les services, cette étude a d'abord répertorié les gestes techniques classiques et reconnus, comme les toilettes, les pansements, ” ou "levers",etc. l'étude a compté un certain nombre  de libellés usuels de démarches différentes que les patients demandaient aux soignants. Il n'a été comptabilisé, dans ces gestes à accomplir journellement par les soignants, que ceux qui étaient utiles, voire indispensables au confort des patients, particulièrement quand ceux-ci sont des personnes handicapées ou âgées.


la question : combien de tâches usuelles utiles ont été retenues ?
La réponse : le nombre de gestes usuels,différents et utiles, pouvant être demandés par chacune des personnes prises en charge sur une journée,qui ont été répertoriés dans cette étude est de 230!
Evidemment, chaque personne n'en exprimera que quelques-unes, mais le nombre de demandes doit être multiplié par le nombre de personnes que le soignant va rencontrer pendant sa journée de travail.

L'exemple classique de libellé usuel à accomplir journellement par les soignants est donné par la simple demande suivante, posée par une personne alitée: “voulez-vous me donner à boire?”, qui va entraîner, pour le soignant attentif au bien-être, des petites tâches en série, et l'obliger de consacrer son temps à la recherche d'un récipient adapté, parfois à son nettoyage, au choix de la boisson, à sa température, au remplissage, au repositionnement de la personne, à la pose d'un bavoir, à l'aide pour boire par petites gorgées...

 

Ce simple exemple de travail, quotidien et banal pour un soignant attentif au bien-être des personnes, montre d’emblée la difficulté de mesurer la charge de travail très éclatée, faite de multiples activités de nature et d’ampleur diverses, activités qui s'enchainent naturellement à un point tel que se pose même la question de leur description possible. 

L’autre aspect, d’ailleurs corrélatif, est constitué par la mesure des temps, les tâches en cause étant nombreuses et en apparence de courte durée, et constamment variables. La sommation de ces tâches indispensables au bien-être peut exiger facilement un-tiers du temps de travail pour chacun des soignants, évidemment plus si certains membres de l'équipe de soins ne s'en acquittent pas.

L'étude constate que la prise en compte de ce grand nombre de gestes utiles est généralement sous-estimée.
Plus grave encore, l'étude démontre que " lorsque les responsables des services prennent insuffisamment compte de cette réalité, le soignant qui accomplit un travail de qualité risque souvent d’être pénalisé par rapport au soignant plus routinier qui n'exécutera que la tâche 
strictement demandée ".






Écrit par p@role. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

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