28/03/2005

74. Le Pape qui a perdu la parole.

La fin de vie du pape donne une nouvelle dimension, tellement plus humaine, à cet homme exceptionnel. "Jean-Paul superstar"  a quitté définitivement le camp des grands de ce monde, le monde de l'argent, le monde du pouvoir. Depuis quelques semaines, il était définitivement entré dans le monde des personnes âgées et handicapées. Ces derniers jours, il a rejoint le camp des sans-voix et des agonisants. Il semble qu'il ait refusé qu'on cache ses souffrances et ses faiblesses. Au contraire, le pape devenu infirme fait l'effort de se montrer, de venir à la rencontre du monde tel qu'il est.

Le pape n'est plus un grand de ce monde qui rend une brève visite aux malades en entrainant avec lui les médias. Le chef de l'Eglise catholique est devenu un vieil homme comme tant d'autres dans nos maisons gériatriques. 
Alors qu'il ne parle plus, il témoigne mieux que jamais sur la maladie et la mort. Il contribue à briser la loi du silence sur les souffrances physiques et morales qu'endurent de nombreuses personnes âgées.























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17/03/2005

73. Matisse, une seconde vie.


 
 

 
 
  Du 17 mars au 17 juillet 2005, se tient à Paris, au musée du Luxembourg, une importante exposition d'art moderne consacrée à l’œuvre tardive d'Henri Matisse, depuis 1943 jusqu'à la fin de sa vie, en 1954.
L'artiste est âgé de 72 ans quand il doit subir une grave intervention chirurgicale, il pense un moment qu'il va mourir mais va se rétablir. Matisse 
va alors avoir le sentiment d'entrer « dans une seconde vie » et ce en dépit d’une convalescence longue et douloureuse et d’un état de quasi infirmité.
L'artiste écrit : « Tout est neuf, tout est frais comme si le monde venait de naître ». 

Six ans plus tard, à 78 ans, il écrit encore « Je ne peux absolument pas vivre sans travailler ; sans cela je deviens fou, je perds mon équilibre ». 
 
L'exposition offre un regard renouvelé et intime sur l’œuvre et la personnalité du peintre durant cette période qui a été marquée par un profond renouvellement de son art. Plus d'une centaine d'oeuvres sont présentées au public : huiles sur toile, gouaches découpées, série de dessins Thèmes et Variations, maquettes de livres illustrés, tapisseries,etc.
Véritable hymne à la vie, la création de la fin de vie de Matisse est caractérisée par un éclatement de couleurs pures, une fraîcheur et une sérénité sans précédent, et une peinture  tendant toujours plus vers la simplicité et même le dépouillement.

Au delà de l'artiste, cette exposition célèbre l’extraordinaire vitalité et l’immense courage dont savent parfois faire preuve les personnes âgées.

 

 



Henri MATISSE (1869-1954) Oeuvre ci-dessus: Gerbe, gouache, 1953. 
exposition : "MATISSE, une seconde vie"
au MUSÉE DU LUXEMBOURG,  19 rue de Vaugirard - 75006 Paris



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10/03/2005

72. charge de travail des soignants.

 

 

Est-il possible de mesurer la charge de travail des soignants ?

 


Pas du tout certain, d'après une étude française qui a mis en évidence l'extrème difficulté d'évaluer,de prendre en compte voire même de comprendre l'ensemble de cette charge de travail. 

L'étude constate que plus on veut apporter du confort et du bien-être aux personnes soignées, ce qui est l'objectif recherché, plus on se dirige vers un éclatement de l'activité dans les services.

Il en devient dès lors pratiquement impossible de mesurer, et même de classer en catégories distinctes,les nombreuses tâches,toujours fluctuantes, demandées aux soignants.

 

En s’appuyant sur les descriptions effectuées par les services, cette étude a d'abord répertorié les gestes techniques classiques et reconnus, comme les toilettes, les pansements, ” ou "levers",etc. l'étude a compté un certain nombre  de libellés usuels de démarches différentes que les patients demandaient aux soignants. Il n'a été comptabilisé, dans ces gestes à accomplir journellement par les soignants, que ceux qui étaient utiles, voire indispensables au confort des patients, particulièrement quand ceux-ci sont des personnes handicapées ou âgées.


la question : combien de tâches usuelles utiles ont été retenues ?
La réponse : le nombre de gestes usuels,différents et utiles, pouvant être demandés par chacune des personnes prises en charge sur une journée,qui ont été répertoriés dans cette étude est de 230!
Evidemment, chaque personne n'en exprimera que quelques-unes, mais le nombre de demandes doit être multiplié par le nombre de personnes que le soignant va rencontrer pendant sa journée de travail.

L'exemple classique de libellé usuel à accomplir journellement par les soignants est donné par la simple demande suivante, posée par une personne alitée: “voulez-vous me donner à boire?”, qui va entraîner, pour le soignant attentif au bien-être, des petites tâches en série, et l'obliger de consacrer son temps à la recherche d'un récipient adapté, parfois à son nettoyage, au choix de la boisson, à sa température, au remplissage, au repositionnement de la personne, à la pose d'un bavoir, à l'aide pour boire par petites gorgées...

 

Ce simple exemple de travail, quotidien et banal pour un soignant attentif au bien-être des personnes, montre d’emblée la difficulté de mesurer la charge de travail très éclatée, faite de multiples activités de nature et d’ampleur diverses, activités qui s'enchainent naturellement à un point tel que se pose même la question de leur description possible. 

L’autre aspect, d’ailleurs corrélatif, est constitué par la mesure des temps, les tâches en cause étant nombreuses et en apparence de courte durée, et constamment variables. La sommation de ces tâches indispensables au bien-être peut exiger facilement un-tiers du temps de travail pour chacun des soignants, évidemment plus si certains membres de l'équipe de soins ne s'en acquittent pas.

L'étude constate que la prise en compte de ce grand nombre de gestes utiles est généralement sous-estimée.
Plus grave encore, l'étude démontre que " lorsque les responsables des services prennent insuffisamment compte de cette réalité, le soignant qui accomplit un travail de qualité risque souvent d’être pénalisé par rapport au soignant plus routinier qui n'exécutera que la tâche 
strictement demandée ".






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