02/09/2005

92. Quand je serai vieille... 

 

 


Quand je serai vieille,


je veux qu'on m'appelle par mon nom ou mon prénom, selon mes fantaisies.
Je veux qu'on prenne le temps d'être un peu avec moi, parfois même dans un silence confortable. Qu'on me touche et qu'on me prenne la main, seulement si ça me convient.
Que toutes les attitudes envers moi me rappellent que je suis une vraie personne, même si je fonctionne au ralenti, même si j'ai quelques faux plis!

Si la situation devient trop difficile, peut-être ferais-je un peu la confuse pour savoir ce que vous pensez réellement de moi, peut-être serais-je réellement confuse...
J'aurai alors besoin de plus de tendresse et de chaleur, mais pas de me sentir dans une pouponnière !

Si je n'entends plus, qu'on m'écrive des messages, qu'on me laisse à proximité des tonnes de papier.
Si je ne vois plus, qu'on me donne l'occasion d'entendre de beaux textes, de la belle musique. Surtout parlez-moi en m'approchant, nommez-vous pour que je sache qui rôde dans ma chambre.
Si je ne parle plus, regardons-nous dans les yeux, lentement et le temps qu'il faut. J'aurai l'impression que quelqu'un tente de me comprendre. Comprenez que je crie de détresse et d'impuissance: le silence est si indécent, si angoissant.
Si je n'ai plus la force de tenir un livre, aidez-moi à trouver un autre moyen de me nourrir l'esprit.

Denis Rousseau.

merci à Elisabeth Ficher, étudiante en psychologie à Bruxelles, pour l'envoi de ce texte. 







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