21/09/2005

94. travail d'un demi-siècle.

 
 

 

 


Né le 31 décembre 1908 en Ukraine, Simon Wiesenthal était architecte de formation mais l'oeuvre de sa vie fut son engagement au service de la mémoire des victimes du nazisme. Il avait vécu personnellement l'horreur hitlérienne dans sa chair en perdant près d'une centaine de membres de sa famille d'origine juive et en connaissant lui-même pas moins de dix camps nazis. Libéré le 5 mai 1945 par l'armée américaine, il s'était installé à Linz, en Autriche. Le retour à une vie normale fut difficile car l'homme était frêle, fragile, à la santé déficiente. Mais la volonté de vivre prit le dessus.
A ses yeux, «il ne pouvait y avoir de liberté sans justice». Wiesenthal savait  que certains tortionnaires avaient pu passer entre les mailles du filet et refaire leur vie, sous de nouvelles identités et sous d'autres cieux, souvent d'autres continents mais aussi dans l'Espagne franquiste. Il décida donc de «consacrer quelques années à la justice» mais elles se sont finalement transformées en décennies. Jusqu'à son dernier souffle en fait...

Un travail d'un demi-siècle, en ne disposant guère de moyens financiers, qui a permis de retrouver, de faire arrêter et finalement juger quelque 1100 criminels de guerre.
Il y a deux ans, il avait décidé de prendre enfin quelque repos. Pourtant, cette année encore et bien que sa santé chancelante ne lui permettait plus de mobiliser l'opinion comme jadis, Wiesenthal avait encore traqué un médecin sadique de Mauthausen en Espagne.
Simon Wiesenthal est mort ce lundi 19 septembre, à l'âge de 96 ans.
« Survivre est un privilège qui engendre des obligations», avait-il écrit dans ses Mémoires.  


(la photo ci-dessus date de  juin 2005.)
 

 

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