26/09/2005

95. Pour un 25ème anniversaire.






La maison de long séjour.



La maison où l'on vit ses derniers jours
est appelée ici " maison de long séjour ".
les infirmes, les vieillards et les agonisants
qui la peuplent sont appelés " résidents ".
Plus les choses sont dures
plus on leur donne des noms faibles.


J'entre dans l'ascenseur,
j'appuie sur le bouton du deuxième étage
et je m'apprête à une nouvelle rencontre
avec l'envers du monde.


De la mort qui est ici chez elle,
personne ne leur parle.
Ils sont les seuls à en dire quelque chose,
toujours à l'improviste et à voix basse,
comme s'il s'agissait d'une chose honteuse.


Ces gens dont l'âme et la chair sont blessées
ont une grandeur que n'auront jamais
ceux qui portent leur vie en triomphe.


Je ramène de la maison de long séjour
un besoin de toucher,
ne serait-ce que furtivement,
l'épaule de ceux que je rencontre,
et une méfiance accrue des beaux discours.





 
                                                                    extrait du livre " la présence pure "
de Christian BOBIN.
maison d'édition: "le temps qu'il fait" à Cognac (FRANCE)

 merci au Docteur Jean-Paul Ryckaert qui m'a fait connaître l'ouvrage.

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21/09/2005

94. travail d'un demi-siècle.

 
 

 

 


Né le 31 décembre 1908 en Ukraine, Simon Wiesenthal était architecte de formation mais l'oeuvre de sa vie fut son engagement au service de la mémoire des victimes du nazisme. Il avait vécu personnellement l'horreur hitlérienne dans sa chair en perdant près d'une centaine de membres de sa famille d'origine juive et en connaissant lui-même pas moins de dix camps nazis. Libéré le 5 mai 1945 par l'armée américaine, il s'était installé à Linz, en Autriche. Le retour à une vie normale fut difficile car l'homme était frêle, fragile, à la santé déficiente. Mais la volonté de vivre prit le dessus.
A ses yeux, «il ne pouvait y avoir de liberté sans justice». Wiesenthal savait  que certains tortionnaires avaient pu passer entre les mailles du filet et refaire leur vie, sous de nouvelles identités et sous d'autres cieux, souvent d'autres continents mais aussi dans l'Espagne franquiste. Il décida donc de «consacrer quelques années à la justice» mais elles se sont finalement transformées en décennies. Jusqu'à son dernier souffle en fait...

Un travail d'un demi-siècle, en ne disposant guère de moyens financiers, qui a permis de retrouver, de faire arrêter et finalement juger quelque 1100 criminels de guerre.
Il y a deux ans, il avait décidé de prendre enfin quelque repos. Pourtant, cette année encore et bien que sa santé chancelante ne lui permettait plus de mobiliser l'opinion comme jadis, Wiesenthal avait encore traqué un médecin sadique de Mauthausen en Espagne.
Simon Wiesenthal est mort ce lundi 19 septembre, à l'âge de 96 ans.
« Survivre est un privilège qui engendre des obligations», avait-il écrit dans ses Mémoires.  


(la photo ci-dessus date de  juin 2005.)
 

 

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12/09/2005

93. Journées Internationales

 


Ce mercredi 21 septembre 2005, pour la douzième fois, aura lieu la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer. Cette maladie neurodégénérative est devenu aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique dans nos pays. Au Canada, sur une population de 32. 000. 000 d'habitants,  pas moins de 400. 000 personnes souffrent de la maladie d'alzheimer ou  de démences connexes.


Ce prochain samedi 1er octobre 2005,  une journée internationale des Personnes Âgées est programmée à l'initiative de l'Organisation des Nations Unies. 
Différentes manifestations auront lieu, un peu partout dans le monde. Tout au long de cette journée, plusieurs initiatives seront organisées, qui feront le point en ce qui concerne le respect des droits des personnes âgées depuis la mise en place des principes en faveur des personnes âgées énoncés pour la première fois par les Nations Unies en 1991 :
indépendance, participation, épanouissement personnel et dignité.


 

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02/09/2005

92. Quand je serai vieille... 

 

 


Quand je serai vieille,


je veux qu'on m'appelle par mon nom ou mon prénom, selon mes fantaisies.
Je veux qu'on prenne le temps d'être un peu avec moi, parfois même dans un silence confortable. Qu'on me touche et qu'on me prenne la main, seulement si ça me convient.
Que toutes les attitudes envers moi me rappellent que je suis une vraie personne, même si je fonctionne au ralenti, même si j'ai quelques faux plis!

Si la situation devient trop difficile, peut-être ferais-je un peu la confuse pour savoir ce que vous pensez réellement de moi, peut-être serais-je réellement confuse...
J'aurai alors besoin de plus de tendresse et de chaleur, mais pas de me sentir dans une pouponnière !

Si je n'entends plus, qu'on m'écrive des messages, qu'on me laisse à proximité des tonnes de papier.
Si je ne vois plus, qu'on me donne l'occasion d'entendre de beaux textes, de la belle musique. Surtout parlez-moi en m'approchant, nommez-vous pour que je sache qui rôde dans ma chambre.
Si je ne parle plus, regardons-nous dans les yeux, lentement et le temps qu'il faut. J'aurai l'impression que quelqu'un tente de me comprendre. Comprenez que je crie de détresse et d'impuissance: le silence est si indécent, si angoissant.
Si je n'ai plus la force de tenir un livre, aidez-moi à trouver un autre moyen de me nourrir l'esprit.

Denis Rousseau.

merci à Elisabeth Ficher, étudiante en psychologie à Bruxelles, pour l'envoi de ce texte. 







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