01/11/2007

168. le jour des morts

 

Absente la mort ? J'ai l'impression de la voir partout. A la une, à la deux. Je zappe et ils meurent. Pour de vrai, pour du faux. Pour des idées, pour une frontière. Pour un baladeur, autant dire pour rien. Parfois c'est un engin qui déraille, la terre qui tremble, la mer qui déferle. Cette mort-là, toujours subite, tantôt brutale et injuste, tantôt stupide et révoltante, mais invariablement indolore remplit nos écrans. Et fait écran.

Anesthésiés comme nous le sommes, témoins à répétition de morts propres et indolores sur le petit écran, rien ne nous prépare à la souffrance de fin de vie, ce tabou physique.

Plus tard, quand nous serons tout simplement vieux, il sera l'heure de nous éclipser discrètement car rien n'est plus tabou, aujourd'hui, que la souffrance et aucune souffrance n'est plus indécente que celle d'une fin de vie.

Peter COGEN.

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