14/04/2008

182. Reconnaissance tardive.

2008 Louise bourgeois
 

Louise Bourgeois a aujourd'hui 96 ans : l'artiste travaille dans son atelier new-yorkais, le dessin, la gouache et l'aquarelle. Ce sont les seuls moyens d'expression qu'elle peut encore maîtriser.  On songe à Renoir peignant ses dernières toiles avec des pinceaux attachés à ses mains rongées par l'arthrite. On songe à Picasso et à ses ultimes «Autoportraits» de 1972. Comme eux, Louise Bourgeois a dédié son existence entière à la création.
Louise est née à Paris le jour de Noël 1911. Etudiante en dessin à l'Ecole nationale d'Arts décoratifs, elle effectue ensuite un rapide passage aux Beaux-Arts avant de fréquenter divers ateliers, ceux notamment d'André L'hôte et de Fernand Léger. Sa rencontre avec l'historien d'art Robert Goldwater - dont elle sera l'épouse jusqu'en 1973, date de la mort de celui-ci - la décide à aller s'installer définitivement aux Etats-Unis.
Elle n'est pourtant devenue célèbre qu'en 1982, année où le Musée d'Art moderne de New York, le MoMa, lui consacre une rétrospective. Le public découvre alors l'oeuvre de cette ingénue mamie dont les dessins, les sculptures et les installations évoquent les thèmes de l'androgynie, du couple, de la sexualité, du corps. Curieusement, ce succès demeurera longtemps ignoré en France. Il faudra en effet attendre 1990 pour voir le Musée d'Art contemporain de Lyon accueillir sa première rétrospective en France. Cette année , c'est le Centre Pompidou qui  expose l'oeuvre inclassable de Louise Bourgeois. Dans un pays où les «maîtres» et leurs écoles font souvent la loi, on comprend qu'une telle oeuvre puisse poser problème. D'autant que Louise Bourgeois est un franc-tireur. Au gré de ses périodes créatives, elle utilise des matériaux aussi divers que le bois (dans les années 1950) , le plâtre et le latex (années 1960), le marbre et le bronze (années 1970-1980) avant de réaliser d'impressionnants environnements conçus avec un fatras d'objets trouvés.
L'art de Louise Bourgeois peut paraître choquant, oppressant. Il peut être émouvant Il est poignant lorsque l'on regarde ces dessins de 2007 représentant des mains tendues l'une vers l'autre. Créatrice infinie, Louise Bourgeois affirme que son oeuvre est enracinée dans une enfance qui n'a jamais perdu «ni sa magie, ni son mystère, ni sa dimension dramatique». Voilà pourquoi son art est si présent, si violent. Il est l'oeuvre d'une femme dont le besoin de consolation paraît impossible à rassasier. ( d'après le nouvel Obs. ).
Louise Bourgeois exposition au centre Georges Pompidou, jusqu'au 2 juin 2008.
www.centrepompidou.fr.

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