01/09/2015

296. La souffrance d'Arthur.

 

Mes mains ne peuvent rien tenir. Je ne puis en marchant détourner la tête de mon seul pied et du bout de mes béquilles.   

Vous tremblez à voir les objets et les gens se mouvoir autour de vous, crainte qu'on ne vous  renverse, pour  vous casser la seconde patte.    

Le désespoir vous reprend et vous restez assis comme un impotent complet, pleurnichant et attendant la nuit qui rapportera l'insomnie perpétuelle et la matinée encore plus triste que la veille...

 

Extrait de la lettre du poète Arthur Rimbaud à sa sœur Isabelle, quatre mois avant sa mort, le 10/11/1891.

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